Un été de cendres

Roman

Trois générations de femmes,
une histoire en commun...

Résumé

Mathilde, Béatrice, Sylvie… Trois femmes, trois générations, trois héroïnes liées, en cette fin de XXème siècle, par un de ces secrets de famille qu’on préfère, d’instinct, ignorer !

Un été de cendres est un roman...

Les deux premières pages

Page 1
 Une nouvelle bourrasque pleine de fureur s’abat sur la maison, projetant des paquets d’eau sur les vitres avec un bruit sec. Colère de juillet.
Vers midi, déjà, de grosses masses sombres s’étaient amoncelées à l’ouest. Poussés par une faible brise, les nuages noirs semblaient arriver par le petit chemin de pierres blanches concassées, typique de la campagne gersoise, frangé d’une herbe haute qui n’avait pas encore eu le temps de souffrir des chaleurs estivales. Le contraste entre ce chemin inondé de soleil et le ciel noir, lourd de présages inquiétants, avait quelque chose de surnaturel. Par le jeu du relief, à l’endroit où il sautait la butte pour redescendre vers la route, deux cent mètres plus bas, il donnait l’impression de s’y engloutir, juste après les deux grands chênes qui marquaient l’entrée de la propriété. Le phénomène s’était insidieusement intensifié, s’assombrissant encore en se boursouflant d’autres masses nuageuses. Les criquets s’étaient tus, les oiseaux ne striaient plus le ciel et leurs trilles célestes ne retentissaient plus. Le vent léger qui avait si bien su contribuer à ce travail préparatoire s’était immobilisé d’un seul coup, figeant net le bruissement des feuilles. Un silence menaçant avait pris possession du lieu.



Page 2

 Vers quinze heures, une lumière aveuglante avait déchiré le ciel, suivie d’un fracas assourdissant. Un vent violent s’était levé, balayant tout sur son passage, tordant les deux grands chênes séculaires à les faire plier, puissant et dur, chargé d’une eau glaciale qui s’écrasait en fines gouttelettes cinglantes pires que la morsure de janvier le plus froid. La pluie ne semblait pas venir du ciel tant le vent la travaillait, la malaxait, la pliant à ses caprices, la soulevant et la faisant tournoyer par paquets avant de l’abattre au sol. Le chemin s’était mué en torrent, ruisselant d’une eau épaisse sans cesse contrariée par les sautes d’humeur du vent, alimentant la cour de terre battue transformée soudainement en bourbier. Le sol, à cet endroit, avait pris vie. Des vaguelettes frangées d’écume couraient à sa surface, laissant entrevoir des profondeurs insoupçonnées, repaire de créatures maléfiques prêtes surgir à l’appel incessant des roulements du tonnerre. En un instant, un paradis champêtre s’était mué en antichambre de l’enfer.

01/05/2014

Je viens de terminer "un été de cendres". Roman bien construit, lecteur tenu en haleine jusqu'au bout. Scènes parfois dures, parfois dérangeantes, souvent émouvantes. A conseiller.

Marie-José Ruffat

30/07/2014

Un petit mot de remerciements pour votre dédicace sur votre dernière "production" que j'ai bien réceptionnée.
Je n'ai pas pu lâcher Un été de cendres. Je ne me suis octroyée que quelques pauses pour ne pas, "moi aussi", broyer du noir, tellement l'atmosphère est bien rendue.
L'univers en est très sombre, mais que les personnages sont attachants ! On les prend tous en sympathie, surtout le petit Olivier qui apporte toute sa fraîcheur d'enfant.
Et enfin, quelle richesse de vocabulaire à nouveau.
Dans l'attente du plaisir de lire le suivant, encore merci pour ce bon moment de lecture.

Françoise Vairet