L'AUTEUR | Éditeurs

  • La vie d'un auteur n'est pas un long fleuve tranquille...

    Les Seigneurs d’Amaury sont sortis depuis plus d’un an et ont trouvé leur rythme de croisière en fédérant régulièrement de nouveaux lecteurs, la maquette de City Blues est achevée pour une sortie en septembre, un nouveau roman est en cours d’écriture et l’avenir littéraire de votre auteur préféré plein de promesses, quand les signes avant-coureurs d’une catastrophe se confirment et viennent assombrir l’horizon. Les Editions du Pierregord rencontrent de grosses difficultés financières et, malgré une augmentation de capital en urgence et la mobilisation de leurs associés et partenaires à la recherche de solutions salvatrices, elles doivent se résigner, lors de la rentrée littéraire – ironie de la vie –, au dépôt de bilan avec demande de mise en liquidation immédiate…

    Le ciel vous tombe alors sur la tête, car le dépôt de bilan de l’éditeur sonne aussi l’heure des bilans pour l’auteur… C’est un retour à la case départ, un trait tiré sur les projets en cours et la prise de conscience d’avoir à multiplier les démarches pour être à nouveau édité. Pendant ce temps, les messages pleuvent : les libraires se plaignent du manque de réassort et les lecteurs potentiels s’inquiètent de savoir où ils peuvent « encore » se procurer Les Seigneurs d’Amaury, quand d’autres s’étonnent de l’absence de City Blues en rayon, dont la sortie était programmée en septembre… Il y a urgence, mais que dire, que faire ? Les Seigneurs d’Amaury s’éteignent à petit feu, City Blues est mort-né, et, tout allant si vite dans ce monde trop pressé, l’auteur sera bientôt oublié…

    Je ne jetterai pas la pierre aux Editions du Pierregord. Je sais trop les difficultés que représente la gestion d’une entreprise, ses aléas, ses impondérables. Ce n’est pas une sinécure et le monde du livre, que j’ai découvert par le petit bout de la lorgnette, est sans pitié. Je sais surtout ce que je perds : un éditeur honnête et impliqué, jouant le jeu de la transparence avec ses auteurs, documents à l’appui tant sur les ventes de livres que sur les comptes de sa société, une pratique guère courante dans ce milieu souvent obscur aux dires d’auteurs liés à d’autres maisons d’édition. Notre relation contractuelle s’étant teintée d’amitié, j’ai sans aucun doute perdu beaucoup moins que je ne crois et c’est avec stupeur que j’ai observé les chiens à la curée, comme si la bête blessée méritait une fin plus spectaculaire… Inconséquence hélas trop humaine…

    Pendant l'hiver 2012 j’ai trouvé un nouvel éditeur, les Editions Hugues de Queyssac, plutôt orientées vers le numérique. Mais ne faisons pas la fine bouche ! City Blues paraîtra en décembre…

    L'été 2013 j’ai retrouvé l’intégralité de mes droits sur Les Seigneurs d’Amaury, un courrier officiel du syndic de faillite en attestant. Peut-être une réédition verra-t-elle le jour…