Les Seigneurs d'Amaury

Roman

Un thriller haletant
dans la Ville Rose

Résumé

À Toulouse, on torture ! titre la Dépêche du Midi.

Une série de crimes endeuille la ville. Les victimes sont retrouvées entravées, la langue tranchée et porteuses d’un message énigmatique.

Même ancienne, l’amitié entre un agent immobilier atypique et un policier déshonoré permet difficilement d’envisager toute l’influence que conservent encore, après huit siècles, ces Cathares dont un seigneur de la promotion immobilière de la Ville Rose se veut le dernier Parfait d’une épopée au parfum de soufre.

Des merveilles architecturales de l’hôtel d’Assézat à celles d’un projet immobilier futuriste, la voie de la compréhension est longue, tant pour l’enquêteur amateur que pour le flic chevronné. Une évidence chasse l’autre. Chaque énigme résolue en pose une nouvelle. Qu’un coupable se profile, un autre l’évince, puis un autre encore… qui ramène au premier !

La vérité se terre au-delà des apparences, au-delà de la brillance illusoire du miroir…

Et il est de funestes abécédaires…

Les Seigneurs d’Amaury est un roman policier dont la forme s’apparente au thriller : la clé en réside dans les toutes dernières pages. Difficile, dans ces conditions, d’en dévoiler l’intrigue et ses multiples rebondissements sans prendre le risque de priver le lecteur de son plaisir à venir !

I - L'écriture

a) La structure

Une construction en « Y » quasi-mathématique, où l’on suit tour à tour chacun des deux personnages principaux, qui offre l’avantage d’accrocher efficacement le lecteur en lui offrant deux points de vue, d’autant qu’il se retrouve fréquemment « en avance » sur l’un ou l’autre des protagonistes dans la connaissance des éléments de l’affaire.

b) Le style

Une écriture plutôt littéraire, avec la volonté délibérée déviter le "style polar branché". Seuls les dialogues autorisent les écarts de langage susceptibles de rendre plus crédibles les personnages en leur conférant de l'épaisseur.

II - Les références

a) Le Poulpe

Un personnage de fiction auquel va tenter de s’assimiler l’enquêteur amateur pour mener à bien son entreprise. Un artifice dans l’artifice.

b) L’immobilier

Le domaine professionnel de l’auteur, qui sert de support rationnel et documenté à l’intrigue. On ne parle bien que de ce que l’on connaît bien.

c) Toulouse : son histoire, son architecture

La Ville Rose constitue davantage un « personnage » à part entière qu’une toile de fond à ce livre. L’histoire ne saurait exister sans la singularité de cette cité omniprésente du début à la fin.

d) Les Cathares

Les hérétiques feront venir les insensés qui viendront désoler et ravager… et tous déjà leur courent sus et leur portent haine acharnée… (Guilhem de Tuleda, Laisse 47 de la Chanson de la Croisade)

L’histoire, dit-on, se répète toujours. Et il est des parallèles fortuits qui deviennent des évidences…

III - L'intrigue

Fabrice Demaison est un agent immobilier atypique. Son amour des vieilles pierres le dispute à sa passion pour l’écriture, une passion non récompensée par le monde de l’édition. Un double meurtre commis dans sa ville va amener ce velléitaire de toujours, plus poète qu’homme d’affaires, à s’investir dans une enquête personnelle en espérant y trouver la matière de son prochain roman.

Gérard Mendes, commandant de police fraîchement revenu dans sa ville natale à la suite d’un parcours professionnel pas très clair, enquête sur cette affaire qui défraie la chronique : les victimes ont été retrouvées la langue coupée et porteuses d’un message énigmatique laissé par le criminel, un bonheur pour la presse.

C’est une histoire de haine et de passion, des sentiments cristallisés tant par le policier que par l’agent immobilier, le premier ayant appris à les dominer et s’en accommodant, le second les subissant de plein fouet, allant jusqu’à somatiser avec une de ces rages de dents dont il est coutumier et qui l’accompagnera jusqu’au terme de sa quête.

Les deux personnages ont fréquenté ensemble le lycée Pierre de Fermat et l’Université des Sciences Sociales de Toulouse. Ils se sont perdus de vue pendant de longues années pour mieux se retrouver, impliqués dans la même sombre affaire de meurtres. Leur amitié renaissante y survivra-t-elle ? Car au bonheur des retrouvailles succède rapidement la conscience que la profession de Fabrice et une série de coïncidences surprenantes lui confèrent quelques longueurs d’avance sur la police. D’autant que les cadavres commencent à pleuvoir sur la Ville Rose, des victimes dont le seul point commun est d’être tuées selon le même mode opératoire : un couple sado-maso, un curé, un joueur professionnel, un retraité, un banquier, un notaire vont connaître le même sort funeste. A-t-on affaire à un serial killer toulousain ?

Fabrice se retrouve, malgré lui, impliqué à un point qu’il ne pouvait envisager. Non content d’avoir un jour rencontré fortuitement la plupart des protagonistes de l’affaire, la maîtresse de Konrad Van der Plaast, un promoteur mystérieusement disparu, était la sienne voilà dix ans. Doit-il la réapparition de Sophie dans sa vie au seul hasard ? Le même hasard qui le fait retrouver Émilien Montauriol, ancien associé de Van Der Plaast, dès sa sortie de prison ? A trop remuer le passé, on finit toujours par exhumer des histoires déplaisantes, telle la résurgence d’un crime avec erreur sur la personne commis cinq ans plus tôt, ce qui rend bientôt la position de notre héros très délicate.

Des merveilles architecturales de l’hôtel d’Assézat à l’avortement du projet futuriste d’une résidence d’avant-garde, le chemin est long et parsemé d’embûches, tant pour l’enquêteur amateur que pour le flic chevronné. Il leur faudra pénétrer l’univers impitoyable des promoteurs, passer par la violence de skinheads exécuteurs des basses œuvres d’un monde en col blanc et par celle – plus virtuelle – des adeptes du sado-masochisme, se frotter à un clergé cachottier, fréquenter des lieux échangistes, retrouver l’enfant perdu d’une prostituée devenue bonne de curé et faire preuve d’une ouverture d’esprit suffisante pour envisager toute l’influence que conservent encore après huit siècles ces Cathares dont Émilien Montauriol, seigneur de la promotion immobilière de la Ville Rose, se veut le Bélibaste, le dernier Parfait d’une épopée au parfum de soufre.

Nos héros lui accorderont-t-ils le consolamentum ?

Le policier obtiendra-t-il sa réhabilitation en concluant son enquête ?

Fabrice écrira-t-il le best-seller de l’année ?

Les deux premières pages

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 Les notes enjouées du carillon de la porte d’entrée ne détonnaient pas sur le Requiem. Elles semblaient venir en contrepoint de la partition. Mozart lui-même n’aurait pu y trouver à redire.
Un sourire satisfait s’afficha sur le visage grêlé de Léonard Le Meister. Sa Rolex affichait vingt-deux heures trente. Une telle ponctualité était de bon augure. Il posa son verre sur la table basse et se dirigea d’abord vers la pièce du fond, qui donnait sur la cour arrière de la chartreuse. Il glissa la tête par l’entrebâillement de la porte. Enfermé dans son monde, Albert n’avait pas bougé d’un pouce. Quant à Blandine, pas un muscle de son visage ne tressaillit. Le regard fixe, elle attendait. Les paupières de Léonard s’abaissèrent en un assentiment muet.
La soixantaine élégante, racée, Léonard portait de longs cheveux blancs et une barbe poivre et sel de trois jours sur des traits taillés à angles vifs. Un foulard blanc, noué avec art, composait un jabot aristocratique sur la poitrine grisonnante découverte par l’échancrure d’une chemise parme. Un look équivoque, démenti par le port altier et les yeux perçants, d’un noir profond dans les orbites creusées !
D’une démarche chaloupée, il gagna la porte d’entrée, satisfait de n’avoir pas à déplorer un rappel rageur de la sonnette, témoignage silencieux de la patience de son visiteur nocturne.
La rencontre s’était faite au Macao’s, un club privé situé sur les hauteurs de Pin Balma, où s’égaraient volontiers les amateurs de sensations interdites de la

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 région toulousaine. Deux fois par semaine, les échangistes y laissaient la place aux sado-masos. Le couple Le Meister n’aurait manqué une de ces soirées pour rien au monde.
L’œil averti de Léonard y avait remarqué l’être androgyne qu’il attendait ce soir. Une silhouette longiligne, vêtue de cuir noir, qui se tenait dans l’ombre, à l’écart des attractions de la maison. Léonard avait vu dans cet effacement la manifestation d’une timidité exacerbée par l’ambiance sulfureuse du lieu. Il fallait du cran pour franchir la porte de l’établissement de Ludovic Bernardin, ou une motivation profonde et durable. Passer outre les interdits révélait une envie, – pulsion inavouable, et inavouée –, qui ne connaîtrait ici d’autres chaînes que celles du maître. Léonard savait déjà qu’il soumettrait cet être-là.
Le contact avait été facile. L’expérience... En moins d’une demi-heure, rendez-vous était pris pour une de ces soirées privées dont Blandine et lui avaient le secret.
À peine visible dans l’encadrement de la porte, immobile, la silhouette noire se fondait dans l’ombre de la cour. Seuls les reflets, jaune métal sur le cuir, d’une ampoule murale triste la révélaient.
— Bienvenue dans l’antre du mal, déclara Léonard avec emphase. Vous trouverez ici votre Maître. Vous souffrirez par lui plus que vous n’avez jamais osé imaginer. À en perdre la raison ! L’initiation est dure. Si cela vous fait peur, il est encore temps de partir. Une fois cette porte franchie, vous ne pourrez plus reculer.
Le maître portait beau. Allure fière, une pointe de maniérisme sans affectation ! Un regard dur, autoritaire, qui tenait l’interlocuteur captif sous un charme pesant ! Un timbre prenant ! Il ponctua son entrée en matière d’un pas souple en arrière et d’une légère flexion du buste.
Une voix chaude, déterminée, sortit de l’ombre :
— Bonsoir, Monsieur. Puis-je entrer ?

Les seigneurs d'Amaury sélectionné finaliste
pour le prix de l'Embouchure 2012

Seigneurs d'Amaury - Prix Embouchure


En 2011, les policiers toulousains créaient leur prix littéraire, le PRIX DE L'EMBOUCHURE du nom du boulevard qui longe le commissariat central, sur le même principe que le Prix du Quai des Orfèvres (créé, lui, en 1946 et décerné par la Préfecture de Police de Paris). Le prix 2011 a été décerné à Daniel Hernandez pour Le bourreau de Puigcerda (éditions Mare Nostrum).

04/10/2014

Je termine presque à regret votre thriller toulousain. Un vrai grand bon moment de lecture ! J'en ai apprécié l'intrigue, la qualitéd'écriture et, surtout, les personnages centraux.
Au plaisir de vous relire bientôt...

Karine Jourdain

26/06/2012

Fan de policiers aux intrigues tordues, j'ai sauté sur ce cadeau dédicacé offert par mon fils pour mon anniversaire avec une nouvelle curiosité qui m'a tout de suite attiré, celle de découvrir un roman policier qui se passe à Toulouse et, tout au long du roman, j'ai pu revisiter les coins que je fréquente, du centre de Toulouse aux coteaux en passant par l'aéroport, au fil d'une bonne intrigue.
Seul bémol, j'ai fait durer le plaisir sur plusieurs semaines, avec quelquefois des difficultés à recaler les personnages et l'intrigue. Mais je pourrais toujours le relire dans quelques années. Merci pour ces bons moments.

Hervé Gras